16/06/00 - CAPES - Lettre au Ministre

Paris, le 16 juin 2000

Monsieur le Ministre de l'Education Nationale

Au nom de la Société Mathématique de France, je voudrais vous faire part de nos préoccupations concernant les nouvelles modalités du CAPES interne de mathématiques, qui o nt fait l'objet d'un arrêté ministériel du 2 Mars 2000 publié au Journal officiel du 25 Mars 2000. En ce qui concerne les mathématiques et l'épreuve écrite d'admissibilité, cet arrêté stipule que "le programme est constitué des programmes des collèges et lycées d'enseignement général et technologique en vigueur à la rentrée scolaire pendant laquelle se déroule le concours. Il est assorti, éventuellement, de commentaires".

En mathématiques, pour enseigner efficacement à quelque niveau que ce soit, il est indispensable de dominer le contenu disciplinaire de son enseignement, de comprendre en profondeur les prémisses et les démonstrations des résultats exposés. Il faut aussi savoir à quoi servent les sciences qu'on enseigne dans le développement scientifique, économique, et culturel de la société.

De plus, les jeunes professeurs recrutés dans les années à venir auront à fournir un effort accru de formation permanente, imposé par l¹utilisation de puissants moyens de calcul numérique et formel, par les nouvelles techniques de l'information et leurs conséquences sur les programmes et les méthodes. Il est donc indispensable qu'ils aient des bases théoriques solides.

Pour ces raisons, il nous semble grave que les connaissances exigées des professeurs recrutés sur ce concours se réduisent à celles qu'ils devront enseigner, c¹est-à-dire celles qui sont exigées des candidats au baccalauréat ou au BTS. Cette limitation sous-estime la compétence des candidats au CAPES interne et dévalorise leur qualification.

Il aurait été souhaitable qu'un "programme complémentaire" précise les contenus des thèmes mathématiques que les candidats doivent connaître, dans la perspective d¹enseigner les programmes du secondaire avec toute l'assurance et l'autorité que nécessitent les difficultés de notre temps. À défaut, il nous paraît indispensable que les " commentaires " évoqués dans l'arrêté apportent explicitement ces précisions et soient publiés.

En vous remerciant par avance de prêter attention à ma demande et aux arguments que j'ai développés, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de ma haute considération.

Mireille Martin-Deschamps
Présidente