Rapport moral 1999

Période de juin 1998 à juin 1999

Affaires Générales Mireille Martin-Deschamps, Présidente

Depuis mon élection à la présidence de la SMF, je me suis efforcée de poursuivre l'action de mes prédécesseurs, d'une part pour lui faire jouer son rôle de défense et de promotion des mathématiques et de la communauté des mathématiciens, d'autre part pour développer ses activités scientifiques. Je remercie tous mes collègues qui ont travaillé avec moi dans ce sens, les membres du Conseil d'Administration - et en particulier du bureau-, les membres des comités de rédaction des revues, et tous ceux qui ont donné un peu ou beaucoup de leur temps pour des actions plus ponctuelles.

CIRM

Le CIRM (Centre International de Rencontres Mathématiques) est un centre de recherche et de formation créé par la SMF en 1981. Actuellement, son statut est celui d'une UMS (Unité Mixte de Service), dont les tutelles sont le MENRT, le CNRS et la SMF, qui en a la gestion. En particulier une partie importante des postes du CIRM lui sont affectés par le CNRS, et nous nous félicitons de ce soutien.

Le CIRM a bientôt 20 ans. Il a été construit en deux étapes, en 1980-81 puis en 1989-90 (construction de la bibliothèque). Nous envisageons maintenant une troisième tranche de travaux de remise à niveau des bâtiments, qui regrouperait tous les aménagements et rénovations souhaitables. Ce projet, que nous avons baptisé CIRM 2000, préparé avec l'aide de l'architecte du CNRS, R. Simon, a été soumis au rectorat dans le cadre de l'opération U3M, et nous espérons qu'il aura une suite favorable.

Le taux de remplissage du CIRM est actuellement de 45 semaines par an. Robert Moussu, président du conseil scientifique, est très satisfait du bilan des rencontres 98, tant par leur nombre que par leur qualité. Il faut cependant noter que cette augmentation significative de l'activité du CIRM se fait à budget quasiment constant, ce qui n'est pas sans poser de problèmes. C'est pourquoi nous avons fait cette année une demande de subvention dans le cadre du programme européen "Accroître le Potentiel Humain''.

La capacité hôtelière du CIRM va être augmentée, grâce à la mise à sa disposition d'une partie du centre (voisin) de formation du CNRS, dans lequel en particulier est prévu l'aménagement de 4 studios. Les travaux devraient être terminés à la fin du mois de juin 99.

Début septembre, lorsque nous avons souhaité faire un appel de candidature pour le remplacement de Jean-Pierre Labesse au poste de directeur du CIRM (son mandat arrive à expiration au 31 août 99), Jean-Michel Lemaire, directeur scientifique adjoint au CNRS, nous a proposé de modifier la structure de direction du CIRM, en lui affectant en particulier un poste administratif de haut niveau, ce qui permettrait d'alléger les charges purement administratives du directeur. Nous sommes de notre côté très attachés au fait que le directeur du CIRM reste un scientifique. Dans l'attente d'un accord, que j'espère prochain, sur la définition des responsabilités respectives du directeur et du responsable administratif, nous avons demandé à Jean-Pierre Labesse de rester pour une année supplémentaire et je le remercie d'avoir accepté.

Activités scientifiques

Parallèlement à la traditionnelle Journée Annuelle, Jean-Jacques Risler avait lancé des "Journées SMF'' en province, qui sont devenues des "Journées Thématiques''. La première, organisée par Marie-Françoise Roy, a eu lieu a Saint-Malo en juin 98, sur le thème Mathématiques et Robotique, la seconde, organisée par Philippe Tchamitchian, sur le thème Mathématiques et Génétique, a marqué au CIRM, avec un peu de retard, le 125ème anniversaire de la SMF. Nous espérons trouver suffisamment de bonnes volontés pour pouvoir continuer régulièrement cette activité, qui contribue à la visibilité de la SMF.

Par ailleurs, deux sessions "Etats de la Recherche'', dont le responsable est actuellement Jean-Benoît Bost, sont prévues en 1999 : en juin à Strasbourg (Rigidité, Groupe fondamental et Dynamique), et en septembre à Clermont Ferrand (Nouveaux invariants en géométrie et en topologie). Je remercie nos collègues, qui s'investissent dans l'organisation de ces sessions, ainsi que le Ministère et le CNRS, qui fournissent un soutien financier, cependant le financement n'est pas toujours à la hauteur des espérances des organisateurs.

Débats

Nous avons organisé cette année deux réunions débats. La première en octobre, avec le Réseau National des Bibliothèques, a réuni plus de 70 personnes (mathématiciens et bibliothécaires) sur le thème de la documentation (tarifs des périodiques, consortiums, diffusion des prépublications et visibilité des thèses et habilitations). En particulier des propositions d'actions concrètes ont été envisagées pour réagir à la forte augmentation des tarifs. La deuxième, en avril, a présenté les travaux d'une commission présidée par Bernard Teissier, sur l'avenir des revues mathématiques françaises, et leurs nouveaux modes de développement face à l'apparition des serveurs de prépublications électroniques.

Enseignements

En juin 98 est paru un texte officiel réformant de manière significative l'agrégation de mathématiques (suppression de l'épreuve d'option à l'écrit, création d'une épreuve orale supplémentaire de "modélisation''). La SMF, la SMAI et la SPECIF ont écrit au ministre pour protester contre le manque de concertation sur sa mise en place, et j'ai été reçue avec Alain Damlamian par Didier Dacunha-Castelle, mais nous n'avons obtenu que des paroles rassurantes sur la bonne volonté du jury pour éviter que cette nouvelle épreuve n'ait un poids excessif la première année.

Pour tenter de répondre aux inquiétudes d'un nombre croissant de nos collègues concernant l'enseignement de notre discipline, les attaques auxquelles elle est soumise, et la perte de sens de la culture mathématique chez de nombreux étudiants, nous avons engagé un projet ambitieux de réflexion globale sur les contenus et les méthodes de cet enseignement. Ce projet, qui a fait l'objet d'une concertation étroite avec l'APMEP, la SMAI et l'UPS, s'est concrétisé par une lettre au ministre dans laquelle nous lui demandons d'engager une rénovation en profondeur de cet enseignement à tous les niveaux. Actuellement, il semble que nous puissions être raisonnablement optimistes sur l'évolution de ce projet, qui sera, je l'espère, l'un des grands chantiers des années à venir.

Affaires internationales

La SMF était présente au Congrès International de Berlin (ICM98), où elle avait un stand en partenariat avec France-Edition, ce qui a permis la vente d'un nombre non négligeable d'ouvrages, et surtout la possibilité de faire mieux connaître à un immense public les activités de la Société. Nous en avons profité également pour renforcer nos liens avec des sociétés étrangères, en vue d'échanges de publicité. Enfin, nous avons organisé, avec la SMAI, une réception à la Maison de France en l'honneur de Maxime Kontsevitch, un des 4 lauréats Fields, qui réside en France où il est professeur à l'IHES.

J'ai signé à cette occasion un contrat de co-édition avec l'AMS, qui permettra la publication en anglais d'un certain nombre de titres publiés par la SMF, dans ses collections de livres, ou dans Astérisque ou les Mémoires. Avec l'accord des auteurs, ces titres seraient publiés par l'AMS 2 ou 3 ans après leur publication par la SMF.

Grâce à l'énergie de Paula Cohen, le projet de colloque AMS/SMF a pris forme. Il aura lieu en juillet 2001 à l'ENS de Lyon, qui va prendre en charge une grande partie de son organisation, par l'intermédiaire de Jean Giraud, d'Etienne Ghys et Denis Serre.

La SME, dont nous sommes membres, tenait son assemblée générale à Berlin, et le Conseil de la SMF avait donné à ses représentants à cette assemblée un mandat précis : approuver les actions passées de la SME, approuver l'action menée par la SME pour transformer le Zentrallblatt en une banque de données à gestion européenne, et refuser le fait que le JEMS (nouveau journal de la SME) n'accepte de publier que des articles rédigés en anglais. Sur ce dernier point - qui était le plus sensible -, notre protestation a été purement formelle, car la comité de rédaction de JEMS avait du renoncer à cette disposition, sous la pression de son éditeur (Springer). Je souhaite que la collaboration avec la SME, qui est encore limitée, s'intensifie dans les années à venir.

CIMPA

Le CIMPA, qui est un outil remarquable pour le soutien au développement de la recherche et pour l'aide à la formation en mathématiques d'enseignants, de chercheurs et d'ingénieurs dans les pays en voie de développement, et dont la SMF est membre institutionnel, a connu récemment de graves difficultés financières. Le Conseil de la SMF de juin 98 a adopté un texte de soutien qui a été envoyé au Président de la République et à tous les ministres concernés. A l'automne, le Directeur Général de l'UNESCO a fait à la France des propositions qui vont dans le sens d'un développement du CIMPA, et notre ministre y a répondu favorablement. Les négociations sont en cours sous la responsabilité de l'ambassadeur de France à l'UNESCO et il serait souhaitable de profiter de certaines échéances (par exemple la Conférence mondiale de Budapest sur la science, Unesco-Icsu) pour faire passer auprès des pouvoirs publics un projet d'avenir ambitieux pour le CIMPA.

Coopération avec la SMAI

Cette coopération a été régulière, comme vous avez pu le lire tout le long de ce rapport. Nos deux sociétés ont agi de concert chaque fois que cela a été possible, et j'espère que cette coopération se poursuivra avec le prochain président. En plus de tous les points qui ont été cités, je voudrais mentionner le fait que nous avons eu une réunion de bureaux commune, au cours de laquelle nous avons décidé en particulier de fondre nos deux annuaires pour une publication qui devrait avoir lieu en septembre et de mettre en place des échanges de publicité pour nos revues. Nous avons également publié une mise à jour du Livret du candidat, qui paraîtra à l'avenir uniquement sous forme électronique. 

Actions diverses

Les nouveaux statuts, adoptés par l'assemblée générale extraordinaire réunie en avril 98, ont été enregistrés par le ministère de l'intérieur à l'automne 98. Le nouveau règlement intérieur sera proposé par le Conseil pour l'assemblée générale.

Depuis la conclusion du contrôle fiscal, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures concernant la fiscalité des associations, et nous sommes en train d'accomplir les démarches pour nous conformer aux dispositions de la nouvelle instruction fiscale.

L'état des comptes de la Société est satisfaisant, comme vous pourrez le lire dans le rapport financier, et je m'en réjouis. Cela reflète la bonne santé de notre activité de publications, mais aussi le fait que nous avons bénéficié cette année, grâce aux démarches entreprises par mon prédécesseur Jean-Jacques Risler, d'un emploi quasiment gratuit, occupé par un jeune scientifique du contingent, qui a en particulier beaucoup travaillé sur notre fichier, dont il a fait une base de données plus facilement exploitable.

Une subvention du ministère, obtenue dans le cadre du projet "Revues électroniques'', nous a permis d'améliorer notablement notre serveur. Nous avons revu complètement sa structure interne, amélioré sa présentation, et créé de nouvelles rubriques ayant trait à la vie mathématique française. On y trouve aussi bien sûr des informations de base concernant la société (en particulier un annuaire électronique et un système d'adhésion électronique) et une partie importante est consacrée aux publications. Cette partie comporte en particulier un catalogue électronique et un système de commande via le réseau. Le serveur est donc devenu une publication à part entière de la SMF et nous avons décidé de mettre en place un Comité de Rédaction qui sera chargé du suivi éditorial.

En même temps, nous avons mis en place une concertation avec la SMAI et la Cellule MathDoc, afin de coordonner nos efforts et nos serveurs et d'éviter, dans la mesure du possible, les recoupements.

Grâce à l'aide de certains collègues, une version électronique de l'Officiel des mathématiques a pu être facilement élaborée à partir de la version papier. On y trouve l'intégralité des informations de l'Officiel papier. Cependant, il est urgent que la SMF prenne des décisions concernant l'avenir de l'Officiel, et définisse mieux sa collaboration avec l'Agenda des Conférences Mathématiques (ACM).

De manière générale, la charge de travail informatique est de plus en plus importante. Le changement de formats de la Gazette et la mise au point des formats TEXpropres à la SMF ont causé une surcharge de travail et un certain retard pour les publications, retard qui est maintenant en grande partie comblé. Malgré l'aide de certains de nos collègues, les efforts et le dévouement de notre personnel, le manque d'un informaticien (au moins à mi-temps) se fait vraiment sentir. Il nous faudra au moins pour l'année prochaine faire appel à des vacations.

En avril 99, le nombre d'adhérents est proche de 1800, avec une centaine de nouveaux adhérents, et est donc stable par rapport aux années précédentes. Cependant, comme mes prédécesseurs, je souhaiterais une augmentation significative du nombre d'adhérents, qui donnerait encore plus de poids à la SMF lorsqu'elle parle au nom de la communauté mathématique.

Communication Martin Andler, vice-président

L'action du vice-président chargé de la communication est très liée à l'activité générale de la Société, et relève donc pour l'essentiel du rapport moral du président. Comme je termine trois années dans mes fonctions, je voudrais malgré tout profiter du rapport moral pour faire un bref bilan de ce que j'ai pu faire, de ce qui s'est fait et relève de la communication, et de ce qui devrait être fait. La communication peut, brièvement, se diviser en deux grands secteurs :

- la communication interne à la SMF et plus largement à la communauté mathématique
- la communication externe vers le grand public, souvent à travers les media.

Sur le plan de la communication interne, le contexte général de cette fin de siècle est que les gens en général, les mathématiciens en particulier adoptent plus volontiers des attitudes de consommateur que des attitudes citoyennes. Ceci est particulièrement vrai en France, où nous attendons presque tout des pouvoirs publics. La SMF souffre d'une représentativité insuffisante, même si elle est forte. Bien des entreprises qui ont été initiées par la SMF, ou qui lui doivent beaucoup, ne sont guère portées à son crédit: on peut penser au CIRM, aux revues de la SMF, aux nouvelles collections lancées ces dernières années par notre société, aux états de la recherche, aux journées thématiques SMF, etc. On peut aussi évoquer l'action plus politique de la société, ses interventions auprès des pouvoirs publics sur diverses questions comme l'enseignement, la place des mathématiques dans la recherche, ou, de manière plus concrète, la réalisation (avec la SMAI) du livret du candidat, la publication de l'Officiel, etc. Il est clair que les outils centraux de notre politique de communication sont la Gazette, et de plus en plus le serveur de la SMF. La Gazette, sous l'efficace direction de Daniel Barsky, joue pleinement son rôle d'information et de débat. Mais son rôle doit évoluer en raison du développement du serveur. Grâce au pragmatisme de Claire Ropartz, la SMF a un serveur depuis bientôt deux ans. Cette année, nous avons mis en place une structure de concertation avec la SMAI et la cellule Math Doc pour que l'ensemble des trois serveurs, fournisse le maximum d'informations - tout en conservant, en ce qui concerne les associations, la liberté de parole qui convient. Pierre Bérard a accepté d'être le rédacteur en chef du serveur pendant cette période de lancement, lui donnant un élan supplémentaire; mais il faudra très prochainement le doter d'un véritable comité de rédaction. Nous souhaitons mieux informer les collègues dans les universités de l'action de la SMF. La nomination de Bruno Wirtz comme coordinateur des délégués SMF est un premier pas dans cette direction. Pourrait-on envisager que dans chaque département ou laboratoire, un panneau d'information donne les principales nouvelles de la SMF ou concernant les mathématiques en général, les dernières parutions. C'est une piste à laquelle nous réfléchissons.

Sur le plan de la communication externe, les axes sont les suivants :

- les contacts avec les pouvoirs publics, les organismes, etc, qui relèvent de la politique générale de la Société, et dont je ne parlerai pas ici;
- les contacts politiques à niveau local (députés, conseils généraux etc.) ; pour faire passer un message sur les mathématiques, leur utilité dans l'enseignement et la recherche par exemple, ce niveau est bien souvent plus efficace que le niveau national. La coordination des délégués SMF devrait pouvoir fournir des pistes;
- l'action en direction des autres disciplines et notamment de leurs sociétés savantes; à plusieurs reprises ces deux dernières années, nous avons pu travailler efficacement avec la société de physique (SFP), soit sur des questions politiques (place des mathématiques), soit sur des questions de communication (nous avons été invités à participer aux Bars des Sciences, très belle initiative des physiciens en direction du grand public);
- l'action en direction des journalistes. Nous avons, par exemple, à l'occasion du congrès de Berlin, publié un communiqué de presse auprès de l'AFP et alimenté les journalistes avec qui nous étions en contact d'informations concernant le congrès, les médailles Fields, la participation française...

Rappelons aussi qu'au début 98, nous avions organisé, avec l'association des journalistes scientifiques organisé un petit-déjeuner de presse sur les mathématiques. Ce type d'action est à la fois indispensable et difficile. Indispensable, car les sociétés savantes sont les seules à pouvoir prendre ce genre d'initiative (même si, évidemment, lorsque nous le faisons, c'est en liaison avec les différents acteurs de la communauté mathématique). Difficile car les journalistes ne sont pas passionnés de sciences, et encore moins de mathématiques. Leur mode obligatoire de fonctionnement leur laisse très peu de temps ; il faut pouvoir réagir instantanément... Ils ont également leurs propres contacts parmi les mathématiciens, ce qui est bien normal. C'est malgré tout, une action qu'il faut poursuivre. En 1998, comme chaque année paire, nous avons attribué un prix d'Alembert. Cette année, le lauréat était Jean-Pierre Delahaye. La grande affaire de communication en direction du grand public va bientôt nous être fournie par l'année des mathématiques - année 2000. Grâce à l'impulsion donnée par la présence en France des animateurs de la Newsletter internationale Worls Mathematical Year 2000, Mireille Chaleyat-Maurel et Gérard Tronel, de nombreuses initiatives se préparent. Dès cet été, un colloque aura lieu à Sainte Afrique sur Emile Borel avec l'estampille "années mathématique 2000". Des colloques savants, des publications, mais aussi et surtout des initiatives dirigées vers le grand public devraient fournir de nombreuses occasion de parler de mathématiques. Espérons que nous saurons saisir cette occasion pour présenter notre discipline de manière attirante, en montrant le rôle éminemment formateur qu'elle peut jouer.

Les Publications Claude Sabbah, Secrétaire

Bilan pour l'année 1998

Activité depuis juin 1998

Rappel de la répartition actuelle des responsabilités du secrétariat aux publications

  • Nathalie Christiaën : Astérisque, Bulletin et Mémoires, Panoramas et Synthèses.
  • Nathalie Hermellin : Gazette, Officiel, Revue d'histoire des mathématiques (RHM), Collection SMF.
  • Claire Ropartz : diffusion, publicité, abonnements (membres SMF).
  • Christian Munusami (Marseille): routage, abonnements (non membres SMF), suivi des abonnements.

Un organigramme précis des différentes responsabilités est en cours de fabrication.

Serveur de la SMF

L'évolution du serveur est très positive (avec notamment la possibilité de passer des commandes). En ce qui concerne les publications, un effort est fait pour avoir un outil bibliographique utile :

  • Chaque nouvelle parution est annoncée (avec son résumé en français et en anglais, ses mots-clés et sa classification mathématique) dès sa disponibilité et la fiche bibliographique est envoyée a ZentralBlatt.
  • Les articles définitivement acceptés vont désormais être annoncés dès leur acceptation (sous réserve que l'auteur fournisse les données bibliographiques nécessaires).
  • Les numéros anciens seront être mis à jour avant juin.

Néanmoins, les statistiques de connexions montrent que cette partie du serveur est encore peu utilisée.

Diffusion des revues SMF

Suite à la rupture de l'accord de diffusion de Bulletin et Mémoires et RHM par l'ancienne SPES (Gauthier-Villars) -- cette rupture, fait de la SPES, a été rendue nécessaire du fait des modifications dans l'orientation de la politique de cette société, par suite notamment du rachat de Gauthier-Villars par Elsevier -- la SMF a choisi d'assurer elle-même la diffusion de l'ensemble de ses revues. Néanmoins, pour favoriser la diffusion par abonnement de la revue Panoramas et Synthèses, celle-ci est aussi assurée par EDP-Sciences à partir de 1999. La cellule de Marseille a donc pris en charge l'ensemble des abonnements (excepté ceux des membres SMF). Par ailleurs, l'AMS se charge de la diffusion (non exclusive) des revues de la SMF en Amérique du Nord.

Coédition SMF/AMS

Un contrat de coédition d'une série SMF/AMS de traductions de certaines monographies publiées en français par la SMF a été signé en août 1998 par Mireille Martin-Deschamps lors du congrès de Berlin. Ce contrat prévoit la traduction (sous réserve de l'accord des auteurs) des volumes de Panoramas et Synthèses et Cours Spécialisés et d'un choix de volumes d'Astérisque et Mémoires. Trois numéros de Panoramas et Synthèses et deux numéros d'Astérisque sont en cours de traduction.

Coédition SMF/EDP-Sciences

Un accord de coédition de la série Cours Spécialisés avec EDP-Sciences est en bonne voie. Il devrait permettre l'amélioration de la diffusion de cette série. La SMF garderait la responsabilité scientifique de la série tandis qu'EDP-Science se chargerait de la fabrication et de la diffusion. Cet accord est motivé par plusieurs raisons:

  • Le secrétariat des publications de la SMF a de plus en plus de mal à faire face aux multiples tâches d'édition qui lui incombent. L'édition de la série Cours Spécialisés nécessite (suivant les auteurs) un travail long et soigné de relecture et de composition.
  • Le réseau de diffusion de la SMF est adapté aux revues vendues par abonnement, mais n'est pas adapté à la diffusion de Cours Spécialisés (la SMF ne peut pas utiliser le réseau des libraires).
  • La SMF n'étant pas une association à but lucratif, ne peut faire la publicité suffisante pour Cours Spécialisés.

Cet accord doit permettre de développer la collection (à titre de comparaison, la SMAI possède une collection bien développée du même type, en coédition avec Springer).

Imprimeur

Suite à quelques problèmes de qualité avec Louis-Jean, Astérisque est désormais imprimé par Jouve (à Mayenne), de même que quelques autres publications scientifiques de la SMF. Louis-Jean garde les Bulletin et Mémoires et la RHM.

Routage

La responsabilité du routage et son suivi sont désormais complètement assurés par la cellule de diffusion (Marseille). Ceci va dans le sens d'une meilleure répartition du travail du secrétariat des publications. Un nouveau routeur a été choisi, ce qui va dans le sens d'une meilleure qualité du service et de meilleurs coûts.

Diffusion, publicité

Un fac-simile de la couverture de chaque publication est désormais diffusé largement à chaque parution. Deux fois par an est aussi diffusé largement un quatre-pages faisant état des dernières parutions. Un effort particulier a été fait pour le lancement de la formule d'abonnement de Panoramas et Synthèses. Par ailleurs, les publications récentes apparaissent dans la rubrique correspondante des Notices de l'AMS. Des échanges d'emplacements publicitaires ont été faits ou vont être faits avec d'autres sociétés: la London Mathematical Society, les sociétés mathématiques japonaise, allemande et espagnole.

Retards de publication des périodiques

Revues à jour

Astérisque, Mémoires, Panoramas et Synthèses, Officiel.

La situation d'Astérisque est très bonne du point de vue des textes (plusieurs numéros de l'année 2000 sont déjà acceptés et en cours de composition). Il faut maintenant prévoir une augmentation du nombre de pages publiées, pour permettre la publication rapide de monographies. Je propose une augmentation de 3 étoiles par an, correspondant à l'équivalent d'un volume du séminaire Bourbaki.

La situation des Mémoires est bonne, ainsi que celle de Panoramas et Synthèses. Néanmoins, la situation de Panoramas et Synthèses reste fragile, car les articles de Panoramas et Synthèses nécessitent un long travail de relecture, et les numéros de Panoramas et Synthèses sont à prévoir très à l'avance.

L'Officiel est disponible en accès gratuit sur le serveur SMF depuis novembre 1998. Néanmoins, les services proposés par cette installation ne sont pas aussi bons que ceux proposés par l'agenda des conférences mathématiques (ACM) de S. Cordier. Il est probable qu'une meilleure interaction entre les deux est nécessaire.

Retards conjoncturels

Bulletin, Gazette.

Un seul fascicule du Bulletin 1998 est sorti en 1998, les trois autres au premier trimestre 1999. Le Bulletin a un peu souffert du rattrapage de retard pour Astérisque et Mémoires en 1998. Il est prévu que les fascicules 1999 sortiront de manière plus régulière.

La Gazette a changé de format, ce qui a pu provoquer quelques retards, suite à différents problèmes techniques. Le rythme normal semble avoir été repris. 

Retards structurels

RHM.

La RHM doit faire face à un manque de textes. Le premier fascicule 1998 n'est sorti qu'en décembre 1998 et le second est prévu pour juin 1999. Le nouveau comité de rédaction a commencé à modifier la présentation pour rendre la revue plus attractive pour les auteurs. L'évolution est à surveiller de près, car la revue ne peut se permettre longtemps un tel retard, sous peine de perdre ses abonnés.

Bilan sur la diffusion

Après une série d'augmentations par paliers sur quatre ans, les tarifs d'abonnement n'augmenteront pas en 2000 (décision du conseil de janvier 1999).

Le nombre d'abonné stagne ou baisse très légèrement pour l'ensemble des revues. En revanche, les ventes au numéro faites en 1998 sont en augmentation sur 1997. Le départ de la formule "abonnement'' de Panoramas et Synthèses est encourageant (déjà plus d'une centaine d'abonnés). 

Changements dans les comités de rédaction

Jean-Yves Chemin a accepté de diriger le comités de rédaction de série Séminaires et Congrès électroniques. Cette série devrait pouvoir redémarrer sous forme électronique en 2000.

Lignes directrices proposées

La politique suivie depuis plus d'un an s'appuie sur les principes ci-dessous :

  • La SMF doit garder la maîtrise de ses publications, qui en font une de ses raisons d'être et une de ses sources importantes de financement. Il s'agit donc d'une part d'atteindre un équilibre financier pour les publications et d'autre part d'en augmenter leur diffusion.
  • L'activité éditoriale de la SMF doit se centrer sur les revues vendues par abonnement. La SMF n'est pas performante (et n'a pas vocation à l'être) pour une diffusion hors abonnement.
  • Un des objectifs importants pour les quatre années à venir est de développer l'action promotionnelle. Outre les moyens financiers qui seront dégagés, la SMF espère profiter mieux des possibilités offertes par ses partenaires (CNRS, EDP-Sciences, AMS). Elle prévoit aussi d'accueillir des stagiaires d'écoles de commerce qui aideront à trouver les meilleures formules de promotion.

    De plus, des contacts ont été pris avec d'autres sociétés mathématiques pour échanger des encarts publicitaires.

Quelques objectifs pour 1999-2000

Revues électroniques

Le Bulletin est la seule revue dont l'existence d'une version électronique semble nécessaire dans un avenir proche. En effet, Astérisque, Mémoires et Panoramas et Synthèses publient en général des textes longs qui ne gagneraient pas beaucoup à être présents sous forme électronique.

La collection Séminaires et Congrès devrait passer sous forme électronique avec un accès gratuit pour une durée à déterminer. Néanmoins, la mise en place d'un nouveau comité de rédaction a pris beaucoup de temps et il ne faut pas s'attendre a avoir des textes prêts avant 2000.

Les choix techniques pour la mise en place d'une version électronique du Bulletin ne sont pas encore faits. La table ronde du 10 avril devrait aider à prendre une décision. Il me semble important de travailler en collaboration avec d'autres revues, telles les Annales de Fourier.

Par ailleurs, il semble clair que l'existence d'une version électronique du Bulletin doit s'accompagner de la possibilité d'accès aux anciens numéros. Une étude de coût a été demandée à l'INIST (CNRS) qui est prêt à nous aider dans cette direction. Il s'agirait d'obtenir un résultat analogue à celui des revues de JSTOR (www.jstor.org): les revues sont scannées et le résultat est passé par un logiciel de reconnaissance de mots, ce qui permet une recherche par mots-clés.

L'Officiel

Cette publication offre des services incontestables à ses abonnés. Néanmoins, par manque de place, elle ne peut détailler les informations sur les colloques. Une réorientation de son contenu devrait être envisagé, pour mieux tenir compte des possibilités qu'offre l'interrogation électronique. Il faut penser à une meilleure collaboration avec l'agenda des conférences mathématiques (ACM) de S. Cordier. De plus, l'Officiel devrait donner plus de place à des emplacements publicitaires pour d'autres sociétés mathématiques, permettant en retour une meilleure présence de la SMF dans l'espace publicitaire de ces sociétés.

La cellule de diffusion à Marseille Paul-Jean Cahen, Vice-Président

Le Chiffre d'affaires de la cellule de diffusion a connu une forte croissance dans les quatre dernières années (300 KF en 1995, 1600 kf en 1998), évolution essentiellement due à la progression des ventes au numéro (1000 en 1995, 4000 en 1998) mais aussi à la prise en charge directe des abonnements en provenance d'OFFILIB et SPES. L'année passée elle a poursuivi son effort de professionnalisation. Après s'être équipée du matériel adapté (logiciel, machines à timbrer et à cercler), la maison de la SMF a procédé à un échange de personnel avec le CIRM. Elle a cédé un mi-temps de secrétariat comptabilité et récupéré un mi-temps de manutention. Une stagiaire de l'école de commerce, tout en apportant un point de vue extérieur et critique, a permis de mener à bien quelques enquêtes, notamment sur le suivi des stocks. la prise en charge d'une partie du routage nous a permis de négocier les meilleurs tarifs postaux et de baisser les coûts pour l'ensemble de la diffusion. Nous continuons à travailler, avec l'ensemble du Bureau, à une répartition efficace des tâches entre le siège parisien et la cellule de diffusion à Marseille et nous poursuivons l'effort de professionnalisation avec des projet de formation en matière de comptabilité et de perfectionnement sur notre logiciel.

Rapport Financier, exercice 1998 Jean-Pierre Henry, Trésorier

L'année 1998 se solde par un résultat positif meilleur que ce que prévoyait le budget prévisionnel. Le bilan de 1998 (hors CIRM) présente un bénéfice de 544 kf, ce qui compense les déficits de 1996 ( de 148 kf) et de l'exercice 1995 (272 kf). Les finances de la SMF sont donc redevenues saines et nous redonnent une légère marge de manoeuvre.

L'examen attentif de l'exécution du budget invite par ailleurs à tempérer l'optimisme.

Les grandes masses de l'exécution du budget :

Côté recettes environ 3,6 MF :
1. Les recettes dues aux ventes des 2 principales revues représentent 1862 kf (1861 kf en 1997). 

2. Les subventions publiques représentent 617 kf (contre 445 kf en 97)
- 134 kf du CNRS (105 kf en 1997)
- 433 kf du MRT (340 kf en 1997)
- 50 kf du Ministère de la culture
3. Les cotisations : 370 kf (386 kf en 1997).
4. La Gazette (abonnements et publicité) : 327 kf (334 kf en 1997).

Côté dépenses environ 3,1 MF :
1. Les salaires
- 1361 kf (1340 kf en 1997).
2. Les frais de fabrication composition, droit d'auteur et papier pour les revues SMF (Astérisque, BM, Gazette, Officiel, PS, RHM, coll. SMF)
- 722 kf (743 kf en 1997)
3. Les frais d'affranchissement et routage :
-314 kf (358 kf en 1997)
4. Le fonctionnement - 193 kf (233 kf en 1997)

 

Commentaires généraux

La première remarque qui s'impose est que les subventions dépassent le bénéfice comptable et sont donc nécessaires à notre survie.

Astérisque, Bulletin et Mémoires :

Les recettes d'Astérisque se sont stabilisées à 1110 kf contre 1100 kf en 1997 (dont 55 kf venant d'OFFILIB pour les années antérieures). Les recettes de Bulletin et Mémoires marquent un léger fléchissement à 751 kf contre 760 kf.

Diffusion :

Nous n'avons pas complètement récupéré les pertes d'abonnements diffusés par la SPES (Gauthier-Villars). Tout laisse craindre une perte en nombre d'abonnements.

Malheureusement, en dépit de la qualité de ces 2 revues les chiffres d'abonnements et ventes de collections complètes de nos deux revues principales, Astérisque et Bulletin et Mémoires stagnent ( environ 600 abonnements et collections complètes pour Astérisque).

Subventions :

Dans la situation actuelle on peut considérer que ces deux revues avaient leur budget équilibré. Mais la restructuration du secteur de l'édition scientifique en modifiant la diffusion de "Bulletin et Mémoires" nous fragilise à nouveau. Par conséquent, sauf opérations spéciales, les subventions CNRS qui nous ont aidé à passer le cap difficile du changement de distribution d'Astérisque continuent à apparaître nécessaires pour relancer notre diffusion ; loin d'être des subventions de fonctionnement, elles correspondent à un "coup de pouce" nécessaire pour prendre un nouveau départ tout en gardant des prix bas et en élevant la qualité et sans doute nombre le de pages. Un effort de publicité et marketing est indispensable, dans les limites de notre caractère non commercial. 

Utilité publique :

Nous avons passé le cap des changements de diffuseurs en augmentant modérément les tarifs qui restent très inférieurs à ceux des revues correspondantes du secteur privé ; le passage au secteur privé capitaliste aurait entraîné à l'évidence le doublement ou le triplement des tarifs, voire la disparition, au détriment de la communauté scientifique et des bibliothèques publiques universitaires.

Bien entendu l'équilibre des comptes repose aussi très largement sur l'excellence du travail bénévole de dizaines de mathématiciens dans les comités de rédaction, aux secrétariats éditoriaux, et bien sûr du directeur de la publication, ceci est favorisé par le caractère non lucratif de l'association.

Autres publications :

Les autres collections et opérations spéciales (Bourbaki, Leray) produisent un petit flux plutôt croissant qui incite à l'optimisme.

Par contre, les "Revues électroniques'' et les ventes sur le serveur ne produisent pour le moment aucune rentrée significative d'argent, mais c'est le propre de tous les investissements sur le Web. Il s'agit d'un investissement cumulé maintenant de 2 MF pour 1995, 1996, 1997, 1998 dont 1,4 MF de subventions publiques. Le serveur de la SMF a fait beaucoup de progrès, notamment avec l'Officiel en ligne et la possibilité de passer commande sur le serveur. Mais ce n'est, avec les résumés, qu'un début de ce qu'il faut faire.

Un gros effort est à programmer en ce domaine dans les quatre années à venir. Malheureusement la SMF a peu de ressources financières propres mobilisables. Une coordination avec les autres revues mathématiques du secteur non commercial est souhaitable 

Évolution des dépenses :

En ce qui concerne les dépenses, il faut noter que le poste salaires a bénéficié de la présence d'un appelé du contingent qui a été très efficace. L'année prochaine les dépenses salariales augmenteront au minimum du demi-poste nécessaire. En fait il y a à la fois des activités de saisies et de maintenance informatique. 

Redressement fiscal :

La SMF et le CIRM ont fait l'objet d'un redressement fiscal sur les années 1994 et 1995, l'incidence pour la SMF est nulle, par contre pour le CIRM, il a été constaté en charges exceptionnelles dans les comptes 1997 des régularisations de TVA au titre des années 1994, 95, 96 pour un montant de 360 kf, la première partie de ce redressement a été appelée. Nous allons d'ici quelques semaines répondre à un questionnaire, l'administration fiscale décidera alors de notre statut fiscal ce qui devrait nous tranquilliser pour un certain nombre d'années (ou nous obliger à la liquidation de la SMF-CIRM, ou encore revenir au statut antérieur, sans TVA, pour l'hôtellerie du CIRM).

Évolution du routage :

La diffusion (et en particulier le routage) est essentiellement confiée à la "cellule'' de Marseille ; ce changement va être positif à terme ; pour l'instant ce changement induit évidemment un surcroît de travail aussi bien à Luminy qu'au siège.

Morale de l'histoire :

Enfin, comme l'année dernière, ce qui fait que je reprends une partie de la conclusion, je ne peux qu'admirer le dévouement et la qualité du travail de l'équipe du personnel de la SMF. Les mathématiciens sont exigeants aussi bien comme clients que comme patrons, les tâches sont multiples et chaque personne a plusieurs responsabilités. Ces responsabilités changent, en particulier cette année.

Nous allons leur demander en plus un effort de formation.

La comptabilité est rendue complexe par les différentes sortes de rentrées d'argent et de subventions et l'imagination sans relâche de notre haute administration.

Je ne peux que souhaiter que les mathématiciens qui profitent à la fois des publications de la SMF et de l'existence du CIRM prennent plus conscience de cet effort et soutiennent leur "société savante'' tant qu'elle existe.

Copyright : Société Mathématique de FranceMise à jour : 1999-06-21.