01/03/2007 - Motion Formation Enseignants

Pour une professionnalisation de la formation des enseignants

Il va falloir prochainement, quels que soient les choix politiques, remplacer un grand nombre d'enseignants: les chiffres démographiques le montrent. Or depuis 10 ans le nombre d'inscriptions dans les filières générales des universités, qui forment, entre autres, les enseignants, chute.

L'une des raisons en est la difficulté d'accéder au métier (longues études avec une sélection forte à bac+4), ainsi que les variations aléatoires du nombre des recrutements. Il suffit de mettre en rapport cette situation avec l'augmentation des flux d'étudiants pour les études médicales ou d'ingénieur, qui donnent un accès à bac + 1 ou bac +2 à un cursus professionnalisant dont les débouchés sont assurés.

Cette situation a des conséquences multiples et désastreuses :

  • chute des effectifs dans les premiers cycles universitaires, qui commence à se répercuter dans les cycles suivants et ne saurait rester sans effet sur l'appareil de recherche,
  • autocensure des classes défavorisées et arrêt de l'ascenseur social,
  • et, probablement, à terme, comme cela s'est produit dans bien d'autres pays, crise de recrutement et de niveau pour les enseignants, sur laquelle il sera très difficile et coûteux de revenir.

Le collectif ActionSciences attire l'attention du monde politique sur ce problème, et réitère ses propositions :

  • Programmation des postes à moyen terme, ce qui est tout à fait possible (les données démographiques permettent de prévoir précisément les effectifs des collèges et lycées pour les 10 prochaines années, et les effectifs du primaire pour les 5 prochaines années) et demandé par tous ceux qui se sont penchés sur la question.
  • Pré-recrutement des enseignants au niveau bac+1 par concours sur critères académiques, comme cela a été fait pendant longtemps, avec un engagement décennal et une participation au travail éducatif; ce pré-recrutement aurait le triple avantage d'attirer vers les universités des étudiants de bon niveau venu des couches défavorisées, de remonter le niveau des premiers cycles, et d'offrir une meilleure formation professionnelle aux futurs enseignants.

Le collectif rappelle que cette proposition a déjà été faite par de nombreux intervenants, dont l'Académie des Sciences (rapport Dercourt).

 

Motion du Collectif ActionSciences adoptée par le Conseil d'Administration de la SMF en mars 2007.