23/01/12 - Position de la SMF sur les négociations avec les éditeurs commerciaux

Le RNBM, le CNRS, Couperin et l'INRIA participent à des discussions difficiles avec Springer. Le Conseil d'Administration de la SMF a délibéré le 21 janvier 2012 sur ces questions. Une pétition "Appel pour des négociations équilibrées avec les éditeurs de revues scientifiques" a été lancée par le Laboratoire Fourier de Grenoble qui a recueilli déjà plus de mille signatures. Voir : http://www-fourier.ujf-grenoble.fr/petitions/index.php?petition=3.

Le Conseil d'Administration de la SMF a mandaté son président pour signer la pétition au nom de la SMF. Il a invité aussi tous les adhérents à signer cette pétition individuellement. Un grand nombre de signatures renforcera sûrement la position des négociateurs.

Le texte ci-dessous a été voté par le Conseil d'Administration de la SMF du 21 janvier 2012.

 

"Sur les changements liés aux publications et à la documentation"
Conseil d'Administration de la Société Mathématique de France
janvier 2012

La SMF s'est associée par la voix de son bureau le 16 décembre 2011 aux inquiétudes soulevées au sein des laboratoires, des bibliothèques et des UMS de mathématiques par le processus actuellement en cours de renégociation avec les éditeurs commerciaux de contrats de documentation, en demandant de privilégier une ligne de décision collective sous l'égide de l'INSMI. Le CA de la SMF a depuis débattu plus généralement lors de sa réunion du 21 janvier 2012 des questions de publication et de documentation primordiales pour les mathématiciens.

Le passage des publications scientifiques à un système purement électronique (dit e-only) est en soi un changement structurel radical, qui, s'il paraît peu évitable à moyen terme, ne doit pas se faire à marche forcée. La communauté mathématique ne dispose pas actuellement des infrastructures de conservation ni de récupération des données électroniques. S'il s'accompagne de la part des éditeurs commerciaux de politiques d'augmentation contractuelle automatique des prix bien supérieure à l'inflation, incluant des achats de bouquets de revues groupées et instituant un chiffre d'affaires prédéterminé, ce système constituera un danger d'une exceptionnelle gravité pour le développement des mathématiques. L'importance de garantir aux bibliothèques le financement d'ouvrages et de documentation à destination des étudiants doit être soulignée. En l'état, le nouveau système envisagé ne permet pas sa pérennité, repose sur un archivage incertain et ne propose pas de politique d'accès facile aux archives électroniques. La structuration de ces archives, basée sur une entraide entre bibliothèques doit préalablement être mise en place par le RNBM, en accord avec les bibliothécaires et les responsables scientifiques des bibliothèques.

De plus, la SMF s'inquiète de la mise en place de classements de revues. Leur utilisation engendre des confusions multiples, entre le nombre de citations d'un article et son intérêt propre, le nombre moyen de citations des articles d'une revue et le nombre de citations d'un article précis, etc. Les classements en catégories ou par rangs sont également dangereux. S'y ajoute le risque d'augmentation exagérée du prix d'une revue bien classée dans un but purement lucratif. Les deux tendances qui voient le jour pour combattre cette notion de classement, à savoir la multiplication des classements pour en diluer l'effet, ou l'établissement d'un classement qui serait officiel dans un sens à déterminer, ne rassurent pas. Enfin, la SMF réaffirme son hostilité au système auteur-payeur.

La Société Mathématique de France demande :

- au CNRS et au MESR de se saisir du problème de l'archivage ;
- à la communauté mathématique de privilégier la publication dans des revues académiques.

 

10 février 2012 : réponse de Springer